Voilà voilà, nous y sommes. Ceux d'entre vous qui sont sur Twitter le savent déjà, me voilà au début de la fin. Hier, vers 14h, au réveil d'une sieste aussi brève qu'intense, j'ai senti un liquide chaud couler d'entre mes jambes. Pas de panique, sans doute le fameux bouchon muqueux/dégueu qui est sensé se barrer avant le début des hostilités. Je me lève, me change, ouvre un de mes paquets de steaks de coton spécialement achetés pour l'occasion, et je me recouche. Rebelote 20mn après. Je reste zen, mais commence à me dire qu'il va falloir aller faire un saut à la mater juste pour s'assurer que je n'ai pas perdu les eaux, ce qui est alors une "urgence". Père Bordel appelle les urgences de la mater pendant que je prends ma douche, on lui dit d'attendre de voir pendant genre 2 ou 3h si ça ne s'arrête pas. Tant mieux, pas envie d'y aller, pas comme ça. On se colle devant le DVD de Florence Foresti qu'il vient d'acheter, et je ris à gorge déployée. Et à culotte trempée aussi, car la Foresti n'arrange définitivement rien aux fuites du bas. Dégoutée, je me résous à partir pour la mater. On prend la valise, juste pour conjurer le sort, on la cale dans le coffre. Je conduis, toujours zen. Homme me parle des pancakes qu'il me fera au retour. J'arrive aux urgences, j'explique, on me balance un "c'est votre premier bébé ?!" qui sonne plus comme une affirmation que comme une question. Tant pis, je me suis surement trompée, j'ai péché par excès de prudence et tant mieux, pour Bibi les pancakes !!! On attend peu, on m'examine. La poche des eaux est rompue. On m'annonce l'hospitalisation, début des antibiotiques prévu dans la nuit, et déclenchement samedi 14h si Miss Bordel ne descend pas toute seule. "Vous ne ressortirez qu'avec votre bébé dans les bras" J'encaisse, ce n'est pas ce dont j'avais rêvé, pas comme ça, mais soit. On me dit que j'ai une chambre seule, je respire, la double c'est ma hantise. On m'y accompagne. "Vous êtes la césar programmée ?" Euh non moi je suis une personne... On s'est trompé, c'est une chambre double qui m'est réservée. Là c'est trop. Je fonds en larmes dans les bras de mon homme et je mettrais 20mn à me calmer avant de pouvoir rentrer dans la chambre et dire bonsoir à ma voisine... Puis d'en ressortir aussitôt en larmes, grosse classe. Il doit être 18h30-19h. Les visites sont autorisées jusqu'à 20h mais dans leur grande mansuétude les infirmières diront à homme qu'il peut rester... Jusqu'à 20h30. J'hallucine. J'ai des contractions toutes les 10mn mais des "fausses", à peine douloureuses, je sens bien que ça n'avance pas des masses là-dedans. J'avais envisagé pas mal de cas de figure, mais pas celui de vivre ce moment avec pour seule compagne une inconnue. Les infirmières sont condescendantes quand elles me retrouvent en larmes dans la salie d'attente après le départ de mon homme, que j'ai vécu comme si j'étais le Petit Poucet à 3 ans... "Ca ne sert vraiment à rien de se mettre dans cet état là, vous n'êtes pas à la rue !" Je me demande si elle croit que ma fragilité de l'instant me rend aveugle au point de ne pas déceler son mépris et son agacement envers moi, ou s'ils sont si profonds que ça lui est égal. Je prends le parti de me calmer, c'est le genre de moment où je serais capable d'un scandale terrible, et je sais que ça me ferait beaucoup de mal. Je dois me concentrer et être avec ma fille pour qu'on avance dans cette histoire. Je ne peux pas dire que la bouffe me console, la photo du plateau en illustration doit suffire à vous en convaincre... Sur ce coup-là c'est Twitter qui me sauve. Des messages de soutien de partout, des conneries échangées. Je retrouve mes esprits et mon humour, je prends de la distance. Je vais mille fois mieux en quelques dizaines de minutes. Merci mille fois à tous les twittos de cette soirée... Vraiment mille fois. Il est 00h20. Je ne réalise pas du tout que Miss Bordel arrive. Bizarrement peut-être moins maintenant qu'il y a quelques semaines. D'après les sage-femmes, elle ne viendra pas avant demain matin. Dommage, car je doute fort que je puisse dormir cette nuit. Tant mieux, car j'ai à présent la terrible angoisse que l'homme de ma vie ne soit pas là pour vivre ce moment... Je crois que vous me pardonnerez l'extreme retard que j'ai pris dans les réponses à vos commentaires, et que ça ne fasse que s'aggraver dans les jours à venir. Mais je les lis, tous, et ils comptent, tous, sinon, serais-je en train de me ruiner l'index droit pour vous écrire un billet sur mon iPhone en pareilles circonstances ?! ;-) A très vite pour la suite... PS: Ma voisine ne m'a pas menti. Elle ronfle.
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