Il y a quelques années, juste après mes études, j'ai pris mon - horrible - sac à dos et suis partie pour l'Afrique de l'Ouest.

Bénin, Togo, Burkina Faso, Mali...

Ces quelques mois intenses regroupent certains des meilleurs souvenirs de ma vie, et certains des pires.

Je me souviens de cette gamine qu'on avait trouvée au bord de la route un soir en arrivant au Burkina après 24h de taxi brousse, à 17 dans un van de 9 places...

Un chauffard venait de la renverser, les gens étaient attroupés autour, impuissants. Sa jambe était tordue et elle semblait très mal en point. Nous ne comprenions pas pourquoi les gens restaient là, au lieu d'appeler... Oui, tiens, d'appeler qui, d'ailleurs ?

Nous avons "emprunté" une planche à un marchand ambulant, l'avons déplacée doucement dessus - il y avait deux infirmières dans notre troupe, ça aide - et puis nous avons forcé une voiture à s'arrêter, la 3ème qui passait, je me souviens avoir hurlé de rage car elle s'aprêtait à continuer comme les deux premières.

Arrivés à l'hôpital, le conducteur nous a demandé de l'argent pour l'essence - choc des cultures - puis nous avons dû vider nos poches à l'époque peu remplies et courir acheter les médicaments, la perfusion, le cathéter pour cette petite. Là-bas, tu payes avant de te faire soigner, et c'est toi ou l'un de tes proches qui doit apporter le matériel, les médicaments, la bouffe.

Nous avons quitté l'hôpital sans grand espoir de la revoir en vie: en plus de sa fracture de la jambe, elle semblait avoir une embolie pulmonaire. Je vous fais grâce de la description de l'hôpital...

Cette nuit là, nous avons dormi 14 heures.

Deux jours après, nous sommes retournés à l'hôpital de Ouaga, presque sûrs d'y apprendre qu'elle ne s'en était pas sortie.

Non seulement elle allait très bien, mais le chauffard qui s'était enfuit - sans doute pour échapper au lynchage - était revenu et avait payé tout le reste des soins.

L'argent ne fait pas tout, mais parfois il sauve des vies.

A la sécu, ils ont beau avoir des formulaires à faire péter un câble à Bouddha en personne, ils ont quand même réussi à nous faire globalement oublier que notre survie pourrait dépendre directement de notre porte-monnaie.

Ce n'est pas le cas dans bien des pays, et les enfants sont souvent les plus durement touchés.

Je pense aussi à ce petit garçon croisé dans un taxi au Togo, il avait un abcès dans le cou presque de la taille de son crâne et était en route pour l'hôpital avec sa mère. Qu'est-il devenu ?

Vous connaissez maintenant quelques-unes des raisons qui m'ont poussée à créer cette nuit une page de collecte pour la Chaîne de l'Espoir, cette association pour laquelle j'ai une admiration immense.

Et la Bordel elle est pas facile à impressionner, hein...

Depuis1988, cette association offre aux enfants les plus démunis d'une trentaine de pays  les interventions chirurgicales qui faciliteront leur vie ou, carrément, la leur sauvera.

Ce mois-ci a lieu l'opération 24 jours pour 24 enfants, le nom parle de lui-même.

Vous pouvez faire partie de ma chaîne et donner ce que vous pouvez, voulez, pour être de ceux qui permettent d'offrir une opération.

Bien sûr, on en chie tous, c'est la crise, mais pour nous, les soins ne sont pas une option.

Pour eux, si.

Merci d'avance à ceux qui donneront, à ceux qui feront tourner, à ceux qui ne peuvent pas mettre un sou mais le feront un jour...

4600 euros - le prix d'une opération - à collecter en 1 mois.

Moi, j'y crois à mort.

Mais je crois que je vais avoir besoin de deux ou trois coups de main...

 

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