Il y a de merveilleux couples qui vivent de merveilleuses grossesses et qui, après un merveilleux accouchement, vivent en parfaite harmonie avec leur merveilleux bébé.

Pour tous les autres - ou presque - c'est la merde.

Mais, genre, la GROSSE merde.

Quand je rencontrais des couples qui se séparaient durant la 1ère année de vie de leur enfant, j'avais un raisonnement un peu binaire à base de "bah c'est con, ils auraient dû s'en rendre compte avant" ou "Dommage, pile au moment où ils se prennent plein de bonheur dans la gueule".

A présent, je comprends.

Je ne comprends pas pourquoi, je n'identifie pas les mécanismes, ou pas tous.

Je ne vais pas prétendre que mon couple était parfait avant ma grossesse, étant moi-même loin de la perfection, tout comme mon mec. Il y avait ce qu'il y a partout, souvent, de l'incompréhension, des embrouilles pour pas grand-chose, des gestes ou des mots blessants, de part et d'autre. Mais aussi beaucoup de moments intenses, de bonheur, et l'évidence de nous être choisis.

Quand je suis tombée enceinte de Miss Bordel, nous étions ensemble depuis 2 ans et demi.

Trop peu, peut-être.

D'autre part, j'ai 7 ans de plus que lui, ça fait sans aucun doute une différence de maturité.

Je pourrais aligner les détails de ce genre, ça n'y changerait rien, aucun d'entre eux n'est déterminant à lui seul, même leur somme ne me semble pas significative à elle seule.

Pendant ma grossesse, les incompréhensions se sont multipliées. Naturellement, je suis écorchée vive, exigeante, à fleur de peau. J'ai des qualités aussi, hein, faut pas déconner. J'en ai beaucoup même. Mais j'ai aussi beaucoup de défauts. Je ne suis pas quelqu'un de facile à vivre. La vie est un long tsunami tranquille avec moi. L'avantage, c'est qu'on ne s'ennuie jamais. L'inconvénient, c'est qu'on aimerait bien s'ennuyer, un peu parfois. Bien entendu, pendant la grossesse, tout ça a été décuplé, et ça n'était vraiment pas nécessaire...

A la naissance, les choses ont empiré. A chaque fois que ma fille n'était pas bien, j'avais envie de m'en prendre à son père. J'étais toujours en attente qu'il fasse ce que je souhaitais, sans le lui dire.

Et puis le quotidien nous a abîmés: les couches, les courses, le ménage, la vie à 3 dans un deux pièces (va trouver un 3 pièces à Paris quand tu es en congé parental), le début de burn-out parental...

Je ne compte pas les fois où je me suis retrouvée en larmes, désespérée, à me dire "Cette fois c'est sûr, je le quitte". A rejeter sur lui la cause de mon mal-être. J'avais un bébé, je devais être parfaitement HEU-REUSE, n'est-ce pas ?

Avant-hier encore, après une énième dispute, un week-end où je me suis enfuie chez mes parents avant de rentrer chez nous, je lui ai demandé de faire ses valises et de partir. J'ai été aussi soulagée que triste quand il l'a fait. Mais tellement soulagée, usée que j'étais des disputes permanentes. Quand j'ai entendu la clé dans la serrure 15 minutes plus tard, le VRAI soulagement m'a submergée, et nous sommes tombés dans les bras l'un de l'autre (une vraie série B...).

Depuis ce soir-là, cette énième crise, ce point de non-retour qu'on a atteint, l'espace d'un week-end, de quelques heures, de quelques minutes, j'ai eu comme un déclic.

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Merci, si vous avez vraiment cru que j'allais vous dire comment sauver son couple après une naissance. Je n'en sais foutre rien. Je ne sais même pas si le mien est sauvé. Je sais juste que l'amour est là, toujours, et que quelque chose en moi a lâché, a cédé, quelque chose qui me fait relativiser subitement tout ce que nous traversons. Quelque chose qui me rappelle que pour s'engueuler, il faut être deux. Que ce n'est peut-être pas si grave, ces histoires de tâches ménagères, car après tout je ne suis pas une fée du logis non plus. Que quand j'entends mon nouveau coach sportif me raconter comment il se déchire avec son ex-compagne autour de la garde de leur fils de 13 mois, je me dis que ce serait super moche d'en arriver là nous aussi.

Dans la maternité, pour moi, ce qu'il y a eu de plus dur, incontestablement, dans ce devenir mère, c'est cette sensation d'être soudain si isolée de celui que j'aime, d'avoir comme perdu le contact, et d'avoir tant de mal à le retrouver, même si ça revient, doucement, par bribes, notamment grâce à l'entrée en crèche de Miss Bordel, qui nous laisse le répit qui nous manquait cruellement.

Je ne sais pas, vraiment, comment on sauve son couple après une naissance.

Je sais que j'ai trouvé une nouvelle clé pour le mien: cultiver la tolérance et lâcher prise.

Et laisser mon stérilet en place.

 

J'ai mis du temps à en parler. Beaucoup de temps. On n'a pas envie d'afficher sa tempête conjugale, encore moins quand d'autres affichent leur bonheur - fictif ou réel - parfait. Puis ici j'ai envie d'écrire du drôle, mais pas facile quand on n'a pas vraiment envie de rire, alors je m'abstenais tout simplement d'écrire ces temps-ci. Et c'est pourtant peut-êre parce que j'en ai beaucoup parlé sur Twitter et sur Facebook ces derniers jours que je remis les choses à leur place et réalisé que ce n'était pas tant mon mec qui déconnait que moi qui ne lâchait rien...

Et chez vous, naissance et couple, ça dit quoi ?

Allez, me laissez pas toute seule avec mes confessions, lâchez-vous quoi...

 

Un petit vote pour les Golden Blog Awards ?

Edit :
Recevant un nombre de commentaires hallucinant de marabouts et autres magiciens pouvant rendre l'être aimé sur cet article, j'en ferme les commentaires ;-)

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