Ca a commencé pendant la grossesse. Des images fulgurantes, comme ça, hyper trash, d'un bébé mort, de sang, de fausse couche tardive. D'un accouchement qui donne naissance à un bébé mort.

Ca a continué après, les premiers jours surtout. Des fugurances encore, un réveil en sursaut pour m'assurer qu'elle respire encore, la subite conviction qu'elle a cessé de respirer dans l'écharpe, que son coeur s'est arrêté de battre dans le silence. L'impression en pleine nuit qu'elle est toute oedématiée, morte étouffée sous les couvertures ou sous mon poids.`

L'image d'une voiture qui fonce dans le siège auto quand je traverse en le tenant à la main, ou d'un camion qui heurte ma voiture de son côté.

 

Je sais, j'attaque fort pour un lundi, j'ai hésité, mais c'est pas pour vous ruiner le moral, hein...

 

Juste je ne crois pas être - beaucoup - plus tarée qu'une autre.

Je pense que ces idées noires font partie du package.

Le package zéro sérénité de la mère.

Mais, surtout, le package alerte danger warning qui, je pense, se met naturellement en place pour que la mère veille sur son petit à tout instant.

 

Pour éviter à son petit tout ce qui est évitable.

Mais parfois, ça n'est pas évitable.


Quand ces instants de peur viscérale sont passés, quand la seconde d'après je vois que tout va bien et que ce n'était qu'une vilaine ombre au dessus de la tête de mon bébé, ou plutôt dans ma tête à moi, je pense à toutes celles qui basculent dans le vide et sombrent dans le cauchemar.

 

Je pense à elles, toutes, et je pense à Ginie, surtout.

Aujourd'hui c'est à elle que je dédie ce billet, c'est bien peu et ça ne ramènera pas son fils...

Et à travers elle à toutes celles qui ont perdu un enfant.

 

Ma mère m'a toujours dit "Perdre un enfant, c'est ce qui peut arriver de pire".

Je la crois, car elle sait de quoi elle parle.

Moi, je ne veux plus d'une vie sans Barbie Sumo Bordel.

 

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