Une de mes premières joies joies futiles de grossesse, ça a été d'avoir un décolleté de malade.

Non pas que j'étais plate à la base, mais ce passage du 90B lambda au 95D plantureux m'a grandement réjouie.

Un peu comme j'ai toujours rêvé d'avoir les cheveux bouclés alors qu'ils sont raides, ou la peau caramel alors que je suis blanche comme un cul de parisienne pas partie en vacances depuis 3 ans...

En même temps avec 25 kilos de plus pendant la grossesse, le minimum était bien de prendre 1 kilo par nichon.

Après la naissance de Miss Bordel et la mise en route de l'allaitement, je suis devenue une femme à gros seins pour une durée indéterminée...

18 mois d'allaitement plus tard - certaines vont hurler que c'est trop long, d'autres que c'est affreux de ne pas avoir été jusqu'au sevrage naturel, ce dont je me fous dans un cas comme dans l'autre puisque c'était la durée parfaite pour notre dyade mère-fille - nous arrivons à la fin de cette aventure Miss Bordel, mes nibards et moi.

Depuis 1 semaine, je les regarde donc fondre à vue d'oeil et, contre toute attente :

J'adore ça !

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Au revoir, décolleté plongeant, tu n'étais pas pour moi !

 

Moi qui mettait parfois 2 soutifs - si si, véridique - pour m'assurer d'un décolleté ravageur, qui ai dépensé une fortune en Wonderbra et même songé, à une lointaine pérode, à me faire refaire la poitrine, je suis heureuse d'avoir le nichon qui fond.

Je suis heureuse de retrouver - à une tonne près, hum... - le corps que je connais, que j'aime, qui me ressemble.

Je suis heureuse de me rapprocher de cette silhouette qui colle à mon identité, de garder mon coeur pas trop loin de la surface de ma peau, de pouvoir remettre des vêtements qui semblaient faire jaillir un volcan de seins de ma poitrine quand je tentais de les enfiler il y a peu.

Et je me dis que finalement, on perd un temps fou à vouloir ce que l'on n'a pas, sans doute justement parce qu'on ne l'a pas.

C'est ce qui nous amène à faire des permanentes qui nous font ressembler à un caniche à 14 ans (du vécu, tout à fait...), à mettre des lentilles de couleur (un vieux rêve jamais réalisé mais dont je me cogne royalement à présent) ou à changer de couleur de cheveux... (Bon ça par contre je ne suis pas prête à y renoncer hein, soyons bien clairs !)

Les gros seins, j'ai tenté, merci, 2 ans, c'était bien, je récupère ces petites choses discrètes, plus subtiles, passe-partout, qui n'essayeront pas de s'enfuir de ce que je porte à longueur de journée.

Je reprends mon corps, je redeviens étanche, en circuit fermé, je me retrouve.

Je préfère qu'on me regarde dans les yeux, au risque de voir mes pattes d'oie, mes cernes, ce que j'ai en dedans et que j'ai longtemps préféré cacher sous des couches de soutifs, je me retrouve.

Les gros seins, ça ne fait pas partie de mon identité - et je souris car je ferai peut-être un billet un hommage à mes gros nibards fondus et regrettés dans 6 mois.

Il n'y a définitvement que les abrutis qui ne changent pas d'avis...

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