Non non, n'allez pas croire qu'à un peu plus de 3 semaines de vie Miss Bordel m'a déjà collé la honte...

Quoique...

Non, non non, ma fille est parfaite et ne fera JAMAIS RIEN qui puisse m'embarrasser...

(L'essentiel est d'y croire dur comme fer, sinon j'appelle direct les services sociaux, après le mal que je me suis donné à la fabriquer ET à la sortir ce serait con quand même...).

Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois maintenant que je vous ai demandé de me raconter vos hontes, celles que vous vous êtes infligées quand vous étiez enfant, celles que vous vous collez encore maintenant tous seuls comme des cons ou dont vos proches vous rendent victimes, mais surtout, surtout, celles que vos mioches vous collent.

A vous lire, et à en pleurer de rire (voire plus désormais tant que je n'aurais pas encore fait une certaine rééducation...), quelques uns de mes grands moments de solitude,  bien enfouis, remontent progressivement à la surface.

Depuis un moment j'ai l'idée d'en partager un avec vous en particulier, mais j'en ai tellement honte que...

Voilà quoi.

Cette fois, il est temps.

Il faut expier.

Vos participations sont toujours les bienvenues sur maispourquoijedeviensmerebordel@yahoo.fr ou directement via le formulaire de contact en haut à droite de ce blog.

Allez, je prends ma pelle et mon seau et je pars passer les fêtes avec les copines dans le Sahel...

 

 

J'étais jeune et conne.

(No comment...)

Je devais avoir 12, 13 ans, et je vivais l'entrée dans l'adolescence avec une intensité rare...

(C'est beau dit comme ça, si ma mère lit ça elle va pouffer...).

Celle qui partageait ces moments de vie à mes côtés à 200%, M, à qui je pourrissais la vie d'idées plus tarées les unes que les autres et de despotisme plus ou moins transitoire, était avec moi ce jour là.

Nous étions parties pour le WE dans une grande maison en Seine et Marne, maison qui appartenait alors à ma mère et ses frères, la maison de leurs grands-parents.

La maison allait (à ma grande tristesse) être vendue, et il fallait vider tout ce qui y avait été entassé au fil des années par tous les cousins, enfants, oncles, etc...

C'était toujours une grande fête d'aller là-bas parce qu'on trouvait des objets improbables, de vrais trésors, en plus d'avoir une maison et un jardin immenses  comme terrain de jeu.

J'y ai des souvenirs d'enfance magiques, et si j'étais pétée de fric un jour je rêverais de racheter cette maison et d'en faire à nouveau un squatt familial (enfin, avec certains qui auraient une clé, et d'autres NON...).

Bref, je m'égare...

Ce jour-là, c'est un fauteuil roulant que nous avons trouvé dans un des sous-sols de la maison.

FauteuilRoulant01.jpg

Il nous a occupées toute la journée.

Et que je te pousse, et que je fasse tourner les roues le plus vite possible avec mes mains, etc...

C'est fou ce qu'un fauteuil roulant peut être ludique quand on n'en a pas besoin...

A un moment, allez savoir pourquoi, mais malheureusement je ne peux pas imaginer que cette idée soit venue de ma chère M, nous sommes allées sur la route avec le fauteuil.

Putain c'que j'ai honte.

M me poussait, sur le bord de la route, face aux voitures qui venaient à nous.

Et au moment où les voitures allaient nous doubler, je me levais et marchais.

On était super fans de science-fiction, et j'imaginais les gens croire à un truc trop miraculeux qui arrivait sous leurs yeux.

Bref, ça nous faisait GRAVE marrer.

Jusqu'à un certain moment...

 

Un mini-bus est arrivé.

Même topo, M me poussait, j'étais dans le fauteuil, et au moment où le mini-bus nous a doublées, je me suis levée et j'ai fait un grand coucou aux enfants qui s'y trouvaient.

Sauf que...

Une fois le bus passé, nous l'avons suivi des yeux.

Et au dos de celui-ci, il y avait un sigle dans le genre de celui-ci:

Wheelchair-Access.jpg

 

C'était un mini bus qui transportait des enfants handicapés.

Voilà voilà.

Entre silence et fou rire nerveux, rouges écarlates de honte, nous avons replié le fauteuil et l'avons rangé là où nous l'avions trouvé.

Jusqu'à présent je ne suis pas sûre d'avoir raconté cette histoire à qui que ce soit.

Mais j'ai bien bien honte.

Voilà.

Bon mardiiiiiiiiiiiiii !

Note:

Un grand merci à Miss Bordel de m'avoir lâché le téton quelques heures d'affilée et de m'avoir permis de taper ce billet des deux mains sans y passer 4 heures en essayant d'amortir le bruit des touches, je crois que toi et moi on commence à bien se comprendre.

Et promets-moi d'être moins conne que ta mère dans 10 ans...

(Y croire dur comme fer...).

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