Je vous ai parlé il y a quelques semaines de la brillante Leïla Mabed -  dont j’ai le plaisir d’être la marrainne virtuelle -  lauréate du concours SFR Jeunes Talents Entrepreneurs Sociaux 2012.

Leïla est la fondatrice d’Afi-Pro, organisme de formation destiné aux personnes en marge de la société, notamment aux détenus.

Mais Leïla est aussi mère, bordel !

Let's go pour une petite interview...

 

Leïla, tu as lancé ton entreprise l’année dernière, alors que ton fils avait 10 ans et ta fille 8 ans.

Penses-tu qu’être mère t’a boostée pour créer ton entreprise, ou au contraire freinée ?

Être mère a été un vrai moteur pour moi !

Je crois que je n’en aurais pas été capable avant. A vrai dire je me demande même si je l’aurais fait un jour, si je n’avais pas été mère !

La maternité, la famille m’ont inscrite dans un projet de vie différent.

Je n’ai jamais eu peur de bouger, ni de l’instabilité professionnelle.

Mais je pense désormais plus durablement.

Mes enfants ont réglé ma vie.

Avant, je n’étais pas une gestionnaire !

Une famille, c’est une mini-entreprise, d’autant plus que je suis une maman divorcée, c’est moi qui tiens les rênes.

 

Que disent tes enfants de ton projet ?

Quand elle était plus jeune, et qu’on demandait à ma fille ce qu’elle voulait faire quand elle serait grande, elle répondait : «Je veux faire Ikéa ou Caisse d’Epargne », ne me demandez pas pourquoi !

Maintenant quand on lui pose la question elle répond : « Je veux faire Afi-Pro »

Les enfants m’ont aidée à choisir le nom, le logo.

Je les consulte pour chaque nouveauté concernant Afi-Pro, et je les écoute, même si je ne suis pas systématiquement leur idée !

Ma fille dit qu’elle gère le style, l’esthétique, mon fils se charge de me dire si cela fait sérieux ou pas...

 

Penses-tu que la maternité peut révéler des talents jusqu’ici cachés ou peu mis en valeur ?

J’en suis convaincue !

Personnellement, j’ai toujours voulu avoir des enfants. Comme j’étais fille unique, je m’imaginais volontiers avec 10 ou 12 enfants !

Je ne veux pas verser dans le cliché, mais lorsque j’ai eu mon fils, je me suis vraiment trouvée, et à nouveau lors de la naissance de ma fille.

Être mère, ça m’a révélée. Aujourd’hui je me considère maman avant tout.

La preuve : je ne savais pas cuisiner, j’ai appris pour mon fils.

J’ai deux mains gauches et je ne sais pas dessiner, pourtant j’ai appris à dessiner des sirènes pour ma fille qui adore ça ! Et je t'avoue que je commence à bien me débrouiller...

  LEILA-01.jpgLeïla Mabed cet été sur le tournage de la pub SFR Jeunes Talents Entrepreneurs Sociaux pour Afi-Pro !

 

En quoi tes enfants t’ont aidée dans ton aventure entrepreneuriale ?

Quand je me suis lancée dans ce projet, beaucoup me disaient « Tu vas te planter, tu prends des risques alors que tu as une situation confortable ! »

Mes enfants, eux, m’ont encouragée. Ils me disaient « C’est bien maman, tu vas y arriver ! ».

Quand les encouragements viennent des enfants, on est plus forte que tout, et tous les pessimistes et les oiseaux de mauvais augure peuvent aller se rhabiller…

Mes enfants et moi, on est une vraie team, quand on est ensemble, rien ne peut nous arrêter !

Il n’y a qu’à voir les groupies que nous sommes quand mon fils joue au foot ou quand ma fille fait de la gym…

 

Si c’était à refaire, que ferais-tu différemment en matière de conciliation vie pro / vie perso ?

Au début, mon temps était mal équilibré.

Un jour, ma fille a dit à mon associée « Des fois je me demande si maman préfère Afi-Pro ou nous ».

Ça m’a fait mal, mais depuis je m’octroie plus de temps avec eux.

Au début d’un tel projet, on se laisse facilement happer par la masse de travail, et on a l’esprit très occupé.

Si c’était à refaire, je déléguerais plus et j’équilibrerais mieux mon temps dès le départ, mais c’est difficile d’être exemplaire dès le début de l’aventure !

Aujourd’hui, je vois bien que le temps passé avec eux me fait revenir au bureau bien plus forte.

 

Parmi les lectrices de ce blog, il y a beaucoup de mamans qui ont envie de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale mais qui hésitent pour diverses raisons.

Qu’as-tu envie de leur dire ?

Je crois que tout dépend des raisons pour lesquelles elles hésitent :

Si c’est pour des raisons financières, n’ayez pas peur, il y a toujours des solutions pour minimiser les risques, et on trouve des ressources insoupçonnées dans tous les sens du terme.

Par rapport aux enfants, ce n’est pas un souci, pour eux c’est un emploi comme un autre !

Et puis quand on travaille pour soi, la très belle récompense, c’est qu’on se réalise.
C’est tout bénéf pour tout le monde !

Je pense que si on a ENVIE d’entreprendre, il faut y aller.

Et puis créer une entreprise, ça me semble un bien moindre risque que faire un enfant, et je trouve ça bien plus simple, non ?

 

 

Merci beaucoup Leïla !


Je tiens à vous dire que Leïla a été très touchée de vos retours sur le premier article la concernant qui a été publié ici.

Je suis fière de vous annoncer qu’elle fait partie des quatre finalistes du concours Ô Féminin Rhônes Alpes Initiative - un concours dédié à l’entrepreneuriat au féminin - dans la catégorie «Entreprendre dans la Cité».

Le  4 décembre, elle saura si elle est l’Elue. Personnellement, je n'en doute pas une seconde.

Comme c’est mon anniversaire le 5 (et hop, placé l’air de rien), j’ai envie de dire :

Leïla, je veux une photo du trophée en cadeau pour mes 22 ans ! (Quoi ?)

 

Et pour toutes celles qui veulent se lancer dans l'entrepreneuriat social et solidaire,

SFR Jeunes Talenrs recrute pour la saison 2013 !

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