Ou le quotidien, ce chien. (Je suis définitivement pour l'égalité des genres)

Je n'ai jamais trop aimé les habitudes.

Pour avoir, depuis un an, donné un grand coup de pied dans les miennes, je me rends compte que quelques-unes sont quand même salvatrices, et que le mode "pilote automatique" est confortable pour gérer un quotidien un poil reposant...

Genre te diriger direct vers chez toi en sortant du boulot plutôt que de te demander pendant 30 secondes où tu habites quand tu viens de déménager...

Mais quand on est trop sur des rails, n'oublie-t-on pas juste de VIVRE ?

Nous, parents, plongés dans le boulot-bain-bouffe-coucher-vie de couple, est-ce que nous n'oublions pas de respirer, de jouer, de rire ?

Quand on est happés par nos projets, par notre boulot, par nos missions, est-ce qu'on ne passe pas à côté du reste ?

Personnellement, moi, par moments, SI, carrément.

Parfois je suis en apnée et des branchies me poussent sans que je m'en rende compte.

Mardi, il n'aura échappé à personne que la moitié nord de la France s'est mangé une bonne pelletée de neige sur le coin de la tronche.

En fin de matinée, j'ai reçu un coup de fil de la crèche.

"Muriel, vous pourriez venir chercher Miss Bordel (OUI LA CRECHE APPELLE MA GOSSE PAR SON SURNOM VIRTUEL EVIDEMMENT) vers 16h30-17h ce soir ? Plusieurs auxiliaires n'ont pas pu venir travailler aujourd'hui et on ne sera pas en nombre après cette heure-là."

Pensée 1 : Merde, 2 heures de boulot en moins, je ne pourrais pas finir ce que j'ai prévu.

Pensée 2 : Putain, génial, je vais aller acheter une luge et je vais voir si on ne peut pas carrément se libérer tous les deux et lui faire la surprise d'aller la chercher ensemble !

Evidemment, dans mon quartier un 12 mars, point de luge, je n'ai pas fait le tour des Monoprix pour m'en assurer, c'était MORT.

Alors j'ai cherché au bureau ce que je pourrais chourrer et qui ferait office de luge.

Le couvercle de la poubelle ? Le casier en plastique pour jeter le carton ?

Non, je sais ! Un sac Ikéa, on en a plein à la maison !

En allant rejoindre Père Bordel, qui avait pris le précieux sac en l'améliorant d'un plaid en guise de siège de luge, je me disais que c'est ça, la vie.

Il n'y a pas que des avantages à monter son entreprise, loin de là.

Mais la richesse incroyable (je ne dis pas la chance, volontairement, car ce n'est pas une chance, c'est un gain obtenu à la sueur de son front), c'est de pouvoir profiter tous les trois d'un jour de neige, en gueulant "WHHHHOOOOOOUUU" dans la rue, tirant notre sac Ikéa à tour de rôle, notre gosse hilare dedans, à une heure où nous aurions dû travailler tous les deux.

Péter les dents à la routine, lui casser ses petites pattes arrières, et rire comme des cons dans la neige.

Et si c'était ÇA, la vie ?

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