Samedi matin, 11h, rendez-vous était pris.

Homme Chiant et moi-même, avec 5 petites minutes de retard, avons rejoint d'autres duos Chieur/Baleine pour une visite de la maternité.

Y avait de toutes les tailles de bide, en général à des termes visiblement avancés (ou avec plusieurs mioches inside, j'ai pas posé la question...), à part une demoiselle bien plate de partout.

Tous les styles aussi, en robe, en pantalon, maquillée, naturelle.

Comme quoi même en cloque et bien qu'on ait l'impression de s'être totalement perdue, on garde une identité bien différente de sa prochaine.

 

C'était assez drôle de se retouver là, deux par deux, à attendre qu'on vienne nous montrer les lieux.

Et attendre, le mot est faible.

11h10, puis 15, puis 20.

Tout le monde commence à s'impatienter.

Une des baleines sort, je devine qu'elle se dirige vers les urgences pour demander ce qu'il en est.

Au passage, je note que sur 9 couples, donc 9 engrossées et 9 futurs papas, c'est encore une gonzesse qui se bouge...

Elle revient, dit quelque chose à son mec.

Nous attendons encore.

11h30.

Bon, les journées du partimoine à la mater, c'est pas trop le délire de la maison, donc là soit quelqu'un vient, soit on nous dit que c'est mort, mais on va pas y passer la journée !

Je demande à la baleine qui s'était levée:

"Vous êtes allée aux urgences ?"

"Oui, mais elles m'ont répondu que la personne devait être sûrement en retard, qu'elle devrait arriver".

Ah ouais d'accord.

Ben on avait un peu remarqué ça...
Elles se sont pas foulées aux urgences, y a 18 personnes qui attendent depuis 30 minutes, dont la moitié sont enceintes, et elles passent même pas un coup de fil.

Là, ça m'agace un tantinet, j'y vais.

"Bonjour, on est une vingtaine de personnes à attendre depuis 30mn là, bon, moi, ça va, mais y en a qui sont sacréement enceintes ça devient un peu long quand même!".

"Oui bah on nous a dit mais..."

J'ai un big smile.

Un big smile déterminé.
Le big smile qui dit "tu vois j'suis cool mais je vais pas repartir sans une vraie réponse précise".

"Nan parce que bon là au bout de 30 mn je pense qu'on peut dire qu'on nous a oubliés, non ?

Donc ce serait bien, juste qu'on sache si on attend encore ou si on repart..."

Pas très agréable, quand même, cette sensation d'avoir été laissés dans un coin, et que la personne qui aurait dû venir n'ait pas même eu la présence d'esprit / décence de nous faire prévenir.

J'enfonce bien mes coudes dans le comptoir (ça, je sais faire...), toujours souriante, je les regarde tour à tour sur le mode "bon, qu'est-ce qu'on fait ?".

Elles passent des coups de fil à gauche à droite, ne savent pas qui devrait être là, et puis appellent une sage-femme qui pourrait peut-être se libérer pour nous faire la visite au pied levé.

Quelques minutes plus tard, elle est là.

Bonheur, je l'ai déjà vue en consultation, elle est adorable, même si c'est elle qui m'avait gentillement mais fermement poussée dans les bras de ma grosse diététicienne, disons que je ne suis pas rancunière et que j'ai bien compris qu'elle faisait ça pour le bien de mon cul bébé.

"Vous pouvez leur dire que j'arrive ?"

"Ok, j'y vais !".

J'anonce à mes congénères que notre sauveuse arrive, et nous l'attendons.

La voilà, souriante, enjouée.

Cool qu'elle se charge de nous comme ça, ça m'aurait gonflée de devoir remettre mon réveil un samedi matin pour ça.

Elle nous montre le chemin à parcourir le jour J, nous explique comment se passera la prise en charge.

C'est assez rassurant d'en savoir un peu plus, plutôt que de fantasmer dans le vide.

Elle nous conduit jusqu'à une salle de naissance, vide.

Petit choc à l'entrée, voir cet endroit, celui qu'on imagine, ou plutôt voir le décor autour de la scène qu'on imagine.

Presqu'immédiatement, la moins enceinte de nous toutes part, livide, suivie de son homme.

Je devine le malaise, m'en "amuse" dans le sens où elle n'en est qu'au début, et je la comprends car je pense que plus les mois passent, plus on a la force d'envisager ce moment, et plus on le sait inéluctable.

Faire cette visite en début de grossesse m'aurait aussi fait un choc !

Notre Sage Femme nous explique comment ça va se passer, où se trouve l'Homme pendant l'accouchement (du bon côté, of course...), etc...

Je suis un peu, non, très contrariée d'apprendre qu'en cas de césarienne le papa reste dehors.

Je sais que les pratiques différent selon les établissements, et si je réussis désormais à considérer qu'une césarienne ne serait pas un drame, que mon Homme ne soit pas auprès de moi pour la naissance de notre fille me brise le coeur (même si Homme est à peine moins chiant ces derniers jours...).

L'autre chose qui me déplait assez, c'est d'apprendre que niveau positions d'accouchement, c'est un peu couchée ou...couchée...

Même sur le côté ça a l'air d'être un peu extravagant, et moi j'avais assez imaginé prendre la position que je voulais, d'écouter mon corps et mon babe et de me placer en fonction, après tout je suis la mieux placée pour savoir sentir comment libérer la sortie sans défoncer la porte, non ?

Bon.

Passons.

Homme comate contre un mur, je pense qu'il écoute attentivement, en tout cas j'espère, il a travaillé comme un dingue toute la semaine, je lui fous la paix sur ce coup-là.

Une téméraire demande si on peut voir à quoi ressemblent les forceps et une ventouse.

Je ne sais pas si c'est une super idée, d'autant que notre comparse dans les vappes vient de revenir parmi nous, assise sur un des rares tabourets, elle toute plate, alors que nous les plus rondes sommes debout...

Chochotte va !

Mais bon.

On voit les objets en question et on se marre un peu, l'atmosphère se détend, les futurs papas s'intéressent à ce qui se passe.

On passe au niveau des suites de couches, là où on va séjourner quelques jours.

On croise une jeune maman qui remonte, la pauvre se retrouve avec 10 personnes toutes fraîches dans l'ascenseur, alors qu'elle semble peiner à marcher et que son jogging ne masque pas une certaine protubérance au niveau de la culotte.

Le service me surprend agréablement, il a été refait il y a quelques années, je m'attendais vraiment à un truc super vétuste dont seule l'AP-HP a le secret, mais non, c'est vraiment plutôt sympa !

On visite même une chambre, ça achève de me rassurer, il y a la télé et pas le moindre crucifix...

Juste, on nous précise qu'il y a 3 chambres doubles à chaque étage, et je décide de compter sur la chance qui ne manquera pas de me sourire d'ici là, vu les merdes que je me ramasse en ce moment, ça tourne c'est obligé.
Parce que DEJA j'ai pas envie qu'on vienne me voir à la maternité mais plutôt chez moi quand je serais au top du must de mon baby blues, mais alors si c'est pour me retrouver avec une inconnue, son chiard et ses visites, franchement, très peu pour moi...

Je vais demander un mot de ma psy comme quoi mon état mental nécessite une chambre seule car je risque d'assassiner quelqu'un, ou je ne sais quoi, parce que ça, vraiment, pour moi c'est pire que de me faire césariser toute seule ou d'accoucher en missionnaire....

Alors que nous sommes tous dans la chambre, elle aborde le thème des culottes:

"Bon les culottes jetables c'est pas terrible, elles se déchirent...."

Et dans ma tête là je me dis "mais ta gueule putain ne dis rien tu vois pas qu'il y a nos mecs là ?"

Elle continue:

"Le mieux c'est d'en prendre des confortables qui ne craignent pas le sang parce que dans les 3 jours qui suivent l'accouchement, y a des femmes qui saignent beaucoup beaucoup !"

Ouf, elle passe à autre chose, je suis pas chochotte mais là vraiment je savais plus où me foutre, y a déjà assez de trucs comme ça qui sont vraiment pas tops pour l'intimité du couple, si on peut nous épargner un peu sur les trucs qui ne regardent pas nos mecs, j'aime autant !!!

Au moment où la sage-femme nous propose de visiter la néonat, nous décrochons en la remerciant:

Soit notre fille, je l'espère, n'aura pas besoin d'y faire un saut, soit ce sera le cas et on aura bien le temps de la découvrir cette néonat, je n'ai pas besoin que mon imaginaire se cristallise là-dessus.

Et puis, j'en ai plein les pattes et j'ai la dalle, et mon mec a l'air limite plus mal en point que moi.

Après un Mac Do bien mérité (euh non nouvelle coupine de blog diététicienne ne vient pas lire ce billet !), 3 heures de sieste.

Définitivement, je suis foutue, je ne sais pas comment je vais gérer encore 2 semaines de boulot, je n'arrive plus à tenir le rythme...

D'ailleurs vous avez dû vous en rendre compte, je n'ai jamais séché autant de billets qu'en ce moment, ni mis autant de temps à répondre aux commentaires, c'est juste que je n'arrive pas à tout faire, et que je m'autorise à lâcher, même si ça me coûte et que ça me manque beaucoup de ne pas être aussi présente que d'habitude.

2 SEMAINES A TENIR !!! Trop facile !!! Même pas mal...

 

Au final, et très bizarrement, j'ai été rassurée.

Voir cette salle de naissance, même si tout ce que j'y ai entendu de m'a pas plu, ça a démystifié un peu la chose, ça l'a rendue plus concrète.

Ca va arriver, et, normalement, je vais survivre.

 

http://www.leplaisirdesdieux.fr/LePlaisirDesDieux/NosAncetresLesInternes/Hopitaux/SaintAntoine/GT/StAnt_Mater_PavLiredey.jpg

Que tout le monde se rassure, la maternité est désormais un tantinet plus moderne...

;-)


 

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