Tout le monde sait que circuler en voiture à Paris c'est un bonheur de tous les instants...

Après un certain temps à prendre mes pieds ou les transports, et vu les joies que me réservent ceux-ci, j'ai décidé de ne pas prendre le risque d'un coup de coude dans le ventre dans le bus ou autres bousculades de rue et je prend mon tank plus souvent qu'à l'accoutumée.

Oui mais voilà, rien n'est parfait en ce bas monde, et même une pilote comme moi s'expose à quelques avaries en plein rallye.

Jeudi dernier, fameux 27 mai de grèves, Homme et moi avons eu la joie de partager 3 heures...d'embouteillages.

Nous eûmes préféré 3 heures de sexe torride à la maison (ou ailleurs...), ou de visionnage de toutes les dernières saisons de nos séries préférées, surtout au retour de notre expérience d'haptonomie ratée, mais on ne choisit pas toujours...

Heureusement depuis quelques temps, une certaine pression vésicale me pousse à aller pisser non plus quand j'en ai envie, mais dès que j'en ai l'occasion, puisque j'ai de toute façon la certitude que l'envie sera présente très très vite, et je n'ai donc pas eu à serrer les fesses en conduisant, ce qui n'est pas connu pour favoriser une conduite souple...

Notre future parentalité nous poussant tous deux à nous améliorer, nous sommes restés miraculeusement calmes durant ces 3 heures, particulièrement moi j'ai envie de dire car:

1) Je suis naturellement enragée.

2) C'est moi qui conduit.

3) Depuis que je suis enceinte j'ai envie de descendre faire la morale pendant plusieurs heures à toute personne qui grillotte à peine un feu rouge ou me fait une toute petite queue de poisson rouge, ce qui reviendrait à Paris à ne JAMAIS pouvoir passer plus de 10 secondes assise derrière le volant.

Donc, calmes, presque résignés, bien qu'assez fatigués en fin de parcours.

A un long feu, où nous avions l'impression que pas plus de deux voitures passaient par feu vert, je m'apprête à doubler par la file de droite (normal) une voiture qui roule sur celle de gauche (tout va toujours bien), à un des multiples endroits en travaux dans la capitale en ce moment (ça gave mais on s'habitue) où les voies sont donc un peu réduites, quand la dite voiture dévie à droite, se retrouvant donc au milieu, me barrant le passage et manquant de me rentrer dedans.

Je klaxonne, c'est ce que j'ai l'audace de faire quand une personne visiblement peu cérébrée s'apprête à ruiner mon char avec le sien.

A ce petit coup de klaxon, répond un discret et néanmoins charmant:

doigt-d-honneur.jpg

Banal me direz-vous.

Oui mais voilà:

Je supporte mal d'autre vulgarité que la mienne...

Je double donc la personne en question, ouvre ma fênetre.

La justicière qui est en moi ne peut juste pas fermer sa gueule.

Le monsieur en question ouvre également sa fenêtre, et semble découvrir dans le même temps que son rétro l'avait mal renseigné: je ne suis pas une grognasse toute seule dans sa bagnole, il y a à mes côtés un homme d'1m96.

Ca fait toujours un choc.

J'ai d'ailleurs tout le loisir de considérer avec effarement la différence de comportement des mâles au volant selon si le mien est à mes côtés ou pas.

Ca en dit long sur certains...

Mais alors là.

C'était énorme.

Je dis au monsieur :

"Monsieur, vous trouvez ça normal d'avoir ce genre de geste lorsque vous manquez de rentrer dans quelqu'un en l'empêchant délibérément de doubler ?"

Coup d'oeil rapide du monsieur à mon Homme, histoire d'évaluer s'il cautionne ou pas mes propos: il cautionne visiblement.

Il réalise que nous attendons vraiment une réponse (ben oui, hein, 15 minutes pour passer un feu, le mieux c'est quand même d'apprendre à connaître son prochain pour passer le temps !).

Si j'avais été seule, la réponse aurait probablement été "ta gueule connasse" ou autre amabilté du genre.

Mais là j'ai pu admirer une toute autre tactique:

 

"Ah nan mais, je ne faisais pas du tout un doigt d'honneur, je vous faisais signe qu'il y avait la place pour UNE voiture (dit-il en nous refaisant un doigt), c'était pour dire UNE !"

 

La mauvaise foi masculine est donc sans bornes.

 

Moi: "Ah parce que pour vous, UN, en signe c'est comme ça ?

(J'en profite pour lui faire un petit doigt en retour, puisque c'est un chiffre et pas une insulte...)

Ben vous devez souvent avoir des problèmes, nan ?!"

 

Homme de moi: "Nan mais monsieur, faut pas nous prendre pour des jambons, quand même..."

 

Le monsieur s'est gentillement écrasé et a rembobiné sa vitre.

 

Et nous, on s'est tapé une bonne barre de rire en l'imaginant demander UNE bière au bar, UNE place de cinéma et c'est devenu une joke entre nous depuis.

"Non mais donne m'en juste UNE ça suffira", l'élégant geste accompagnant bien sûr la parole.

 

Finalement, quand on cesse de chialer sur toute la bêtise du monde, et qu'on prend le parti d'en rire, le monde est TELLEMENT DRÔLE, et le parisien toujours prêt à joker avec son voisin...

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