J'ai longtemps hésité quant au choix du thème de l'article d'aujourd'hui, sachant que ces jours-ci je suis d'une humeur vraiment rieuse, ponctuée de quelques rares mais intenses moments d'angoisse...

J'ai pour habitude d'être plutôt sur l'humour, parce que c'est moi, parce que j'aime ça, parce que pour moi c'est un parti pris.

Mais il y a bien sûr des moments où mon sourire s'efface un peu.

Ceux qui me lisent depuis le début savent qu'avant cette grossesse, j'ai fait une fausse couche.

Je n'ai toujours pas compris pourquoi je voulais un enfant, mais je n'ai pas douté une seconde de mon désir profond de recommencer (je devrais dire "nous", parce que bien sûr dans cette histoire nous sommes deux, mais après tout si mon homme veut l'ouvrir il n'a qu'a faire son propre blog hein...), et c'est ce que nous avons eu la chance de faire 3 mois plus tard.

 

Je dis la chance, parce que depuis que j'ai débarqué sur la planète blog, et depuis que je partage mon histoire de maternité autour de moi, je découvre des histoires d'enfants qui tardent à arriver, et c'est une pensée toute particulière que j'adresse en passant à tous ceux qui traversent tant d'obstacles pour accèder à la parentalité.

 

Globalement, profondément, je suis sereine.

Pas tant sur l'avenir, qui est une inconnue totale, puisque je ne pense pas que la maternité soit une chose qu'on puisse imaginer, et je n'essaye pas vraiment, je laisse venir.

Mais sur cette grossesse.

J'ai mis plusieurs semaines à percuter que j'étais vraiment à nouveau enceinte, terrifiée à l'idée que ça s'arrête à nouveau et de ressentir ce chagrin terrible, cette chose si viscérale, cette tristesse du corps.

Puis j'ai commencé à me rassurer.

Je ne sais pas si c'est lui, ce petit truc-là, ou si c'est mon corps à moi, peut-être les deux, mais ce ventre rond, ce corps qui a changé si vite, j'ai su que c'était pour me dire "calme-toi, tu vois, je suis là, je ne vais pas bouger, je suis bien accroché (et accessoirement je pompe bien des forces dans ton propre corps pour te faire chier jusqu'à la fin de ta vie...), je ne vais pas te laisser d'un coup, tu sais ?!", que j'ai réussi après les prises de sang du début et une échographie très précoce, à me rassurer (presque) totalement.

Au final, depuis peut-être 6 semaines, je n'ai eu aucun examen.

Aucune preuve qu'il est bien là.

Si je me fie à mon ressenti, aucun problème.

Mais par moment, ma boussole déraille, je me demande si mon corps n'a pas inventé tout ça, s'il a vraiment existé, et, surtout, surtout, s'il est toujours là.

 

battement-coeur-bleusTu es toujours là ?

C'est vrai, tu vas être chiant, c'est sûr, ton père et moi on a des caractères terribles...

Surtout moi, et comme tu habites déjà chez moi...

Mais on ne saurait t'expliquer pourquoi...

On ne saurait te dire ce qui se passe en nous de si fort, si tôt, qui nous rend tout chamallows, tout chabadabadas.

C'est tellement nouveau.

Ton père l'autre jour il m'a dit: "Tu sais, je l'aime déjà".

J'ai pas voulu faire ma gonzesse et rentrer dans son délire sentimentalo-chelou, là, j'suis pas habituée à l'entendre me sortir des trucs comme ça, c'est plutôt mon rayon d'habitude.

Mais j'me suis dit "incroyable, alors lui aussi il ressent ça ?".

Franchement, tu vois, dans ce monde, c'est la merde je ne vais pas te mentir...

Mais rien que pour la poussette de compétition qu'on t'a trouvé, les magnifiques énormes nichons que tu vas avoir sous le nez pendant des mois, et les conneries qu'on ne manquera pas de faire et de dire ton père et moi, pour nos fous rires débiles, et parce que tu vas être le premier petit-enfant de 4 grands-parents, quasi-héroïques d'avoir survécu à tes propres parents, qui ont déjà dû imprimer l'itinéraire Mappy pour la maternité...

Ben moi je trouve que t'aurais grave tort de pas rester dans les parages, bien accroché, au chaud.

Alors si t'es d'accord avec ça je te propose un deal:

Samedi matin, pendant cette fucking fameuse écho des 3 mois qui me donne des sueurs froides par moments, tu m'envoies un signal clair genre...je sais pas moi...tes battements de coeur, au hasard ?!

Parce que quelque chose me dit que tu seras pas foutu de me faire un clin d'oeil...

 

Mais...

Putain...

On dirait que je deviens vraiment mère, bordel ??!

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