saturday_night_fever.jpgIl faut bien reconnaître que le premier trimestre de grossesse m'a un peu séchée sur place, et que les mondanités ont dû se poursuivre sans moi ces 3 derniers mois.

C'est donc avec joie que samedi soir, après 2 bonnes heures de sieste, hein, faut pas déconner quand même, nous nous sommes rendus aux 30 ans d'un de nos amis, dans les quartiers chics.

Autant vous dire tout de suite que moi j'aime les endroits populos, métissés, bonne franquette, authentiques, donc quand je change de rive un samedi soir, c'est par amour pur.

D'autant que j'avais lu sur Cityvox que la bouffe n'était franchement pas terrible là-bas, et vous l'aurez compris si vous n'êtes pas fraîchement débarqués sur ce blog, je suis une fine gastronome (enfin, plus tellement fine d'ailleurs, mais bon...).

Premier obstacle:

M'habiller.

Je ne rentre plus que dans les pantalons et leggings de grossesse, et j'en suis au stade où mon ventre n'est vraiment plus plat, mais pas encore assez sorti pour se voir franchement.

Période de merde, donc.

Esthétiquement je parle hein !

Mais puisqu'en quelques semaines j'ai glissé d'un timide 90B à un chaleureux 95D, j'ai bien compris sur quelles parties de mon anatomie il fallait faire un focus...

La chose fût donc assez vite réglée avec un pantalon de grossesse, soit, mais noir et assez moulant, une tunique avec un décolleté plongeant et un petit gilet noir satiné bien cintré sur la poitrine histoire de relever un peu l'effet.

Eh oui, je sais que mes seins vivent là leur heure éphémère heure de gloire, et je m'en voudrais de leur faire rater ça.

Pas trop de bouchons pour se rendre sur les lieux, miracle, pas de place pour se garer, normal, on s'en fout hop Saturday-Night-Fever-01.jpgparking de toute façon on a pulvérisé notre budget la veille à la foire de Paris donc on n'est plus à ça près...

Je ne m'éternise pas sur la configuration des lieux et le niveau de la bouffe, ils sont à la hauteur de ce que j'imaginais: à chier mais ils s'en foutent ils sont à deux pas de l'Arc de Triomphe et il semble que certaines géolocalisations permettent toutes les médiocrités...

Déception, 3 de nos amis ne sont pas là, nous nous faisions une joie de les voir, il n'y a donc personne que nous connaissons à part notre cher trentenaire, qui est lui aussi très déçu de leur annulation de toute dernière minute.

Je note ça dans un coin de ma tête, la prochaine fois que j'aurais une grosse flemme de sortir voir des gens que j'aime, se donner un petit coup de pompe au cul pour faire plaisir à ceux qu'on love, et, par la même occasion, se faire plaisir à soi-même, ça vaut quand même le coup.

Les gens sont plutôt sympas, bien que nous devions passer une partie de la soirée à écouter, avec le sourire, d'ex-provinciaux vivant à Paris déblatérer sur Paris et ses habitants.

"Mais nous, on est sympas, non ?!"

"C'est vrai, vous êtes sympas, avenants, mais vous n'êtes pas originaires d'ici, nan ?!"

"Euh ben si, moi Paris 14ème et Lui 91..."

Je me demande combien de temps tiendrait un Marseillais ou un Lyonnais face à un voisin d'adoption qui mettrait tant d'énergie à dénigrer sa ville d'adoption m'enfin, j'ai toujours entendu ce genre d'ineptes préjugés, et m'en accomoder avec le sourire me semble être définitivement la meilleure arme...

J'ai à nouveau pu expérimenter le "je suis enceinte de 3 mois" et lire sur la plupart des visages une expression qui m'a laissé penser que j'avais dit "j'ai un cancer pulmonaire bilatéral métastasé et, de fait, en phase terminale", ce qui m'amuse de plus en plus au fil de ce que j'appelerais mon "avancement psychique dans le processus de maternité".

saturday-night-fever-1-1024.jpgLes gens qui passent du temps à être attérés par la façon de vivre d'autrui passent sans doute moins de temps à être attérés par leur propre façon de vivre, ou quelque chose comme ça, et j'ai appris à reconnaître l'angoisse d'autrui pour ce qu'elle est en mettant de côté l'apparent jugement de valeur.

Au sous-sol il y avait une piste de danse, que j'espèrais bien piétiner vu que cette grossesse me donne envie de danser (étrange, non ?!), mais c'était sans compter un DJ , sans doute provincial (vengeance...), qui nous a collé 3 Claude François à  la suite, suivis d'un Gilbert Montagné.

Avec 4 grammes dans le sang, j'dis pas, j'y serais allée en hurlant, mais au pain sec et à l'eau, franchement, ça motive moins...

Quand un morceau dansable a pointé le bout de son nez, je me suis vite frayé un chemin sur la piste.

La main gauche sur le ventre, en préventif des coups de coudes des danseurs bourrés, l'autre armée, pour mettre une grosse droite en curatif, si le préventif s'avérait inefficace.

Et là:saturday night fever xl 05-film-b

Horreur.

Malheur.

Mon centre de gravité a bougé.

Je danse comme une baleine.

Et merde.

 

Allez, cette fois on s'casse.

Pour couronner le tout j'ai raccompagné sur notre arrondissement deux adoptés de Paris qui n'ont cessé de déblatérer sur le thème de Paris et ses parisiens, assis confortablement sur la banquette arrière de MA voiture, entre 2 questions cons:

"Dis, j'ai chaud, je peux ouvrir  la fenêtre ?"

"Euh non, je vais attrapper froid, mais par contre tu peux enlever ton manteau et ton écharpe peut-être ?"

"Ah ouais, pas con... Je reconnais bien là le bon sens féminin".

Et moi j'me demande comment vous faites pour ne pas trouver vous-même les réponses appropriées à vos propres besoins sans faire chier autrui m'enfin ça, l'histoire de Mars et Vénus tout ça, moi j'ai renoncé à comprendre depuis longtemps !

Me voilà donc, femme enceinte conduisant à bon port 3 mâles à 2 heures du mat...

"Ah, mais tu devrais forcer le passage là !!!" alors que je voulais tourner à gauched sur l'avenue des Champs-Elysées et que le feu était vert en face...

"T'as une voiture toi ?"

Saturday-Night-Fever-03.jpg"J'avais, mais j'ai plus parce que... Ah mais ? Je passe pas par là moi d'habitude ! Les taxis ils passent toujours par..."

"Tu te permets ce genre de remarque parce que c'est moi qui conduis, c'est ça ? Si Homme était au volant JAMAIS tu ne te serais permis cette remarque, c'est bien un truc de macho ça !"

"Ah mais nan pas du tout !"

"Alors en fait quand je raccompagne quelqu'un en pleine nuit, qu'il ne conduit pas, qu'il ne connaît pas la ville, et qu'il se permet de me dire comment conduire et par où je devrais passer, je lui demande gentillement de fermer sa gueule.

Et si tu as cru que j'allais faire un détour, pour te déposer pile devant chez toi, tu te fous le doigt dans l'oeil."

"Ah bon ? Tu vas me déposer là ? Mais j'ai dix minutes de marche là ?"

"Ouais, mais tu vas voir tu vas kiffer c'est l'heure de la sortie des bars, t'auras plein d'amis sur la route, et dix minutes de marche quand tu as traversé tout Paris gratis à l'heure où tu n'aurais jamais trouvé de taxi, j'ai envie de te dire, c'est juste le temps qu'il te faut pour savourer ta chance...Allez, bonne nuit les gars !"

Ils m'ont tellement gonflée que je me suis trompée et je les ai déposés genre 800 mètres avant ce que j'avais prévu, ils ont finalement dû se taper au moins 20mn de marche à pieds.

Et mon Homme, riant:

"Waouh ! T'as été dure ! Elle est dure ma femme !" sur un ton mi-fier, mi-soulagé de ne pas avoir été ma cible du soir...

Un peu tiédasse, quand même, la fever du samedi soir...

La prochaine fois que je quitte une soirée, je dis que je suis venue en Smart, ou qu'il y a deux sièges auto sur ma banquette arrière parce que je suis enceinte de jumeaux.

 

Cette soirée m'a fait réaliser que certains provinciaux disent vrai:

Les parisiens peuvent être de vrais chiens, surtout quand on les a sucés jusqu'à la moëlle...

 

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