wonder-woman-tv-series-04-g.jpgEffectivement, y aurait pas la place ni dans le short ni dans le bustier, même un spermatozoïde à mon avis il a pas la place de passer, elle doit même pas avoir l'espace d'ovuler là-dedans...

 

Cette phrase c'est H.A qui me l'a sortie hier matin au téléphone.

J'aime le sens de la formule de mes amies.

Chacune a ses trucs, sa philosophie.

Selon ce que je cherche et ce que j'ai envie d'entendre, je sais qui appeler.

H.A, c'est mon experte en déculpabilisation et en bon sens, elle est trop forte, j'admire beaucoup ça chez elle.

 

En temps normal, je veux dire toute ma vie d'adulte avant ces 5 derniers mois, je suis ce que certains appellent une hyperactive.

Bon, moi, je ne trouve pas, c'est mon rythme et ça me semble normal.

Stoppée net par la fatigue, la nausée et l'état globalement végétatif des 3 premiers mois, j'avais été contrainte de feinter plus ou moins subtilement tous les engagements personnels ou professionnels qui s'offraient à moi, au risque de m'attirer les foudres d'incompréhension de quelques-uns/unes.

Mais ça, je m'en fous, depuis, ils ont compris, et si non, bon bah...hein !

Et puis, subitement, aux alentours de la 10ème semaine de grossesse, je me suis levée avec une patate à faire peur (après 3 mois de frites et gratin dauphinois, en même temps, c'est cohérent...).

Me suis dit hop hop, ça y est, fini les 3 mois de merde en mode serpillère, c'est parti pour le trimestre de rêve, celui où je n'ai plus la gerbe mais où je ne suis pas encore une bonbonne, les 3 mois de sursis avant le dernier trimestre où je passerais de Formule 1 à Solex, voire Pédalo...

Donc en bonne tarée que je suis, je me suis empressée de me programmer plein de choses "avant qu'il ne soit trop tard", et j'ai eu la bonne idée de me concocter pas moins de 3 semaines ultra-speed du 21 juin au 12 juilllet, en plus de mon boulot bien sûr sinon ce serait pas drôle.

J'avoue ne pas avoir songé une seconde au facteur climatique, persuadée que j'étais que ce pays n'allait plus jamais sortir de l'hiver...

Deux formations différentes 2 semaines consécutives, et la semaine prochaine, disons que c'est moi qui en anime une, en quelque sorte.

Bref.

Ce qui devait arriver arriva.

J'ai tenu le choc la semaine dernière, même si ça n'a pas été simple.

Ce début de semaine a été plus ardu, la chaleur assommante, une formation aussi physique que mentale, des locaux mal ventilés.

Mercredi matin, après un RDV à la maternité, je n'y suis pas retournée, trop épuisée.

J'ai voulu me reposer mais j'ai finalement travaillé sur d'autres choses urgentes.

Hier matin, réveil 7h.

Humeur massacrante.

Chaud. Déjà trop chaud.

Je ne sais pas ce que j'ai à faire.

Douche ? Petit déj ? Habillage ?

Tout me semble insurmontable.

J'ouvre la moitié des placards de la cuisine comme si ce n'était pas la mienne.

Je ne sais plus ce que je cherche.

Rien de ce qu'il y a à manger ne me fait envie (et ça, quand on me connait, on sait que c'est grave...).

J'arrive à peine à manier une boîte de céréales, et je devrais conduire ma voiture ?!

Je ne peux pas prendre ce genre de risque.

Je ne peux plus.

J'hésite longtemps.

Je pourrais tenir, si je me bougeais un peu ?

Non, vraiment, y aller me semble déjà impossible, mais imaginer le déroulé de la journée m'achève, et pareil pour celle de demain, je dois dire STOP.

Je commence un texto pour l'animatrice de la formation.

Je mets longtemps. Je le relis. Je fonds en larmes.

J'échoue, j'ai échoué, je renonce, j'abandonne.

J'ai juste horreur de ça.

Je ne tiens pas mon engagement.

Je m'en veux d'avoir pris un engagement qu'il était probable que je ne puisse pas tenir.

J'ai présumé de mes forces, je connais les limites de la femme que je suis, pas celles de la femme ENCEINTE que je suis.

J'hésite encore à envoyer le message.

Je pense à ma fille.

J'imagine un accident de voiture, un malaise dans la rue, ou même juste une journée très pénible.

Je l'envoie.

C'est une formation que j'ai payée de ma poche, tant mieux, ça n'engage que moi, et ça me servira peut-être de leçon.

 

J'appelle H.A, je pleure.

"Ouh la ma chérie détends-toi des hormones là !" (H.A sait de quoi elle parle, elle a un petit canon de 4 mois).

"Je sais, ces chiennes me font la misère depuis le réveil, j'en peux plus, j'ai laissé tomber, je suis trop nulle (et puis je

suis grosse et moche, je crois que je place ça aussi, tant qu'à faire...)".

"Meuh arrête, t'es enceinte, c'est juste NOR-MAL ! Et puis il va faire 35° aujourd'hui, déjà pas enceinte c'est la loose, mais alors enceinte, franchement, tu te verrais dehors ?!"

Ah nan archi pas, 35° ça va juste pas être possible, je vais me faire faire un arrêt climatique par le médecin !!!

Elle reprend:

"Tu sais, c'est comme ça, enceinte, tu travailles TOUT LE TEMPS: tu fabriques ton bébé !

Tu peux pas TOUT faire ! T'es pas Wonder Woman !

Et puis, t'as déjà vu Wonder Woman enceinte ?"

 

Je ris.

Elle a réussi.

Hormones: 0 - Bon sens: 1

 

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