Une rupture, un deuil, une fin.


Cela évoque toujours tout ce que l'on perd.

Rarement ce que l'on gagne.

Et pourtant, on gagne beaucoup.

Car une fin est toujours le début d'autre chose.

 

L'épreuve qu'on traverse, la douleur, on en parle, on plaint les gens qui se séparent.

Mais on ne dit pas la renaissance, le renouveau, pour l'un et pour l'autre, à des temps souvent différents.

Car pour une rupture, comme pour une histoire d'amour ou pour faire un bébé, il faut être deux, quel que soit celui qui la décide en apparence.

 

Voilà une tentative de liste, non exhaustive, de ce que l'on gagne à rompre avec une situation qui ne nous convenait pas / plus.

 

LA FORCE ET L'ESTIME DE SOI

Mettre fin au connu, même inconfortable, demande un certain courage.

Car le connu inconfortable est souvent toujours plus confortable que l'inconnu, étrangement.

Mettre fin à une relation qui est devenue un poids plus qu'autre chose, c'est s'aimer et se respecter assez pour choisir son bonheur.

Tant qu'on vit une vie qui ne nous convient pas, et qu'on ne fait pas en sorte que cela change, on se ment mais on n'arrive pas à s'aimer vraiment.

Et quand on se ment à soi, l'estime en prend forcément un coup.

 

 

LA LIBERTE

Le couple, on a beau dire, ça enferme.

Du moins, certains couples, j'imagine que pour ceux qui fonctionnent les renoncements ne sont rien en comparaison des gains, voire qu'ils sont quasi inexistants quand on regarde dans la même direction.

On enferme l'autre malgré soi, et on s'enferme inconsciemment.

On ne le sait pas, ne le sent pas, mais on renonce à beaucoup.

Au fil du temps, on oublie tout ce qui ne convient pas aux deux.

Pour ne faire / vivre / imaginer que ce qui convient aux deux personnes, la plupart du temps.

Dans cet espace là, on se perd soi.

L'autre se perd.

On s'est perdus.

La rupture, c'est l'occasion de retrouver la liberté d'être, de faire, de dire, de vivre tout ce que l'on veut.

De se reconnecter avec ses propres désirs, pas ceux du couple.

Les siens à soi.

De n'avoir plus de comptes à rendre, et plus à s'inquiéter que l'autre reste dans les clous.

La liberté de mettre cette robe qu'il détestait, de rire trop fort alors qu'il t'aimait discrète, de mâcher la bouche ouverte sans qu'on te décoche un regard noir.

La liberté d'être soi, totalement, entièrement, cette liberté qu'on devrait ne jamais perdre même à deux mais...

Est-ce possible ?

Sans doute, oui.

 

LA RECONNECTION

Rompre, surtout après plusieurs années et des évènements qui nous changent pour de bon, comme devenir parents, c'est se reconnecter avec soi.

Se découvrir comme on est maintenant, qui on est devenu.

Se remettre en question.

Voir ce qu'on a de bon, ce qu'on a de moins joli, et apprendre à aimer tout.

Se reconnecter avec soi, c'est se (re)découvrir, et ne plus compter sur un autre pour nous rendre heureux, ce qu'on ne devrait d'ailleurs jamais, jamais attendre.

 

LES AUTRES

Amis, nouveaux flirts, nouveaux potes.

Puisqu'on se reconnecte avec soi, on se reconnecte aux autres différemment, qu'ils entrent dans nos vies ou qu'ils y soient depuis longtemps.

On (re)devient soi, tellement profondément, des pieds à la tête, jusqu'au bout des ongles.

Mettre fin à une histoire d'amour qui n'en est plus une, c'est y gagner sur toutes les autres relations.

Même avec nos familles, même si elles mettent du temps à comprendre notre choix, même si elles sont tristes pour nous.

 

LES LARMES

Dans la séparation, il y a ce deuil, ce chagrin fou, cette fin qu'il faut admettre.

Il y a ce chagrin de maintenant, de la rupture, et tout ce chagrin d'avant qu'on évacue, celui des nuits passées à attendre celui qui ne vient plus nous rejoindre, des jours passés dans la froideur de nos disputes, ces nuits d'insomnie à chercher comment sortir de l'impasse.

Le chagrin, je l'ai longtemps occulté, refusé, méprisé.

Mais en fait, le chagrin, les larmes, la tristesse, c'est le terreau du bonheur, le terreau d'après.

 

LE RENONCEMENT AUX CONVENTIONS

Se foutre des étiquettes. Soudain.

Du statut social auquel, parfois, on a été si attaché, sans vraiment en avoir conscience, du poids de tout cela, qui s'est glissé sous notre peau, insinué dans tous nos pores.

Être l'épouse / l'époux de...

La femme / le mari de...

Le compagnon de...

Qui est on, soudain ?

On n'est plus défini par rapport à un autre, on est juste soi.

Pensez à moi comme une maman solo, une femme séparée, une mère célibataire, une ex.

Je suis moi, jamais été si proche de moi, jamais eu d'alliée si forte et si précieuse.

 

LA NUDITE

Avancer "nu(e)" dans ce qu'on ne connaît pas, et avoir tout à reconstruire, avec tout ce que l'on est désormais, sans tout ce que l'on n'est plus.

La nudité la plus grisante qui soit.

La nudité à nouveau avec d'autres, physique et sentimentale.

La nudité juste soi et son corps, qui redevient seulement à soi, qu'on a envie de cajoler, de retrouver, d'aimer.

Rompre pour moi ça a été cela, marcher nue et sans armes dans une contrée inconnue.

Mon petit côté hippie, sans doute, qui me fait aimer cela profondémment.

 

LE MESSAGE A NOS ENFANTS

Non, on ne reste pas pour les enfants.

Bien sûr, on croit que c'est cela qu'on leur doit.

Je n'ai qu'à voir le changement radical de ma fille du jour au lendemain pour avoir la conviction intime de son soulagement.

Le message qu'on leur envoie, à nos enfants, c'est que leur bonheur est le plus précieux des cadeaux, et que c'est à eux d'en décider.

A nos enfants, on leur dit combien c'est soi-même, son meilleur allié, le seul qui sait, envers et contre tout, envers et contre tous.

Ma fille a reçu le message, je l'ai lu dans ses yeux, et elle a gagné deux parents tellement plus libres, tellement plus forts.

Tellement plus heureux, déjà.

 

682cas_jackpot.jpg

 

 

Au revoir, mon cher ex amour.

Merci pour ces belles années, et même pour les moins belles.

Merci d'avoir inventé avec moi cette petite fille incroyable, dont nous serons ensemble les parents à la vie à la mort.

Belle route à toi, je te souhaite la plus belle des routes vers toi.

 

 

Retour à l'accueil