"Tu es magniiiiiiiiiiiiiifiiiiiiiiiiiiiiiiiiiique".

 

Meuh oui.

Sublime.

Je me sens à peu près aussi glamour qu'une pochette de gras post-liposuccion dans un bloc opératoire.

 

Le refrain de la femme enceinte épanouie et canon.

Mon (gros) cul !

 

La vraie vérité, ce qui rend la femme enceinte "spéciale", glamour et/ou fascinante, C'EST QU'ELLE S'EN TAPE.

Pas elle se tape d'être belle ou moche.

Mais elle accède à un niveau d'acceptation d'elle-même qui la rend belle.

Elle cesse d'être la victime consentante d'une société et de ses diktats, pour un bref laps de temps.

Elle s'autorise à se faire du bien...

 

En temps normal, je prends 3 kilos et je me sens horrible.

Aujourd'hui, j'ai 23 kilos de plus, dont au moins 15 ailleurs que dans le bide, et JE M'EN TAPE.

Je suis belle.

Mon mec m'aime alors que je suis devenue un gros boudin en 9 mois.

Je dois donc être très belle, pour qu'il me trouve encore de la beauté malgré mon envahissement de l'espace ?!

Dès que je prends un peu soin de moi, que je me sape, que je me maquille, on me trouve meeeeeeeeeeeeeerveilleuse tant on croit que les femmes enceintes sont de grosses choses flasques et humides qui se laissent aller dans leur gaine couleur chair.

Je me sens donc encore plus belle, puisqu'il est étonnant que je puisse être belle "dans mon état".

"La plus belle jeune maman de l'année" m'a dit ma voisine de coiffeuse hier...

(Et ouais les bouffonnes bouffies, faudra accoucher en 2011 ou quitter le pays pour celles qui n'ont pas encore franchi la frontière, la place est prise...)

 

Je vois tout, pourtant.

Mon visage est passé d'émacié à rond, voire bouffi.

Bon, pas "voire", vraiment bouffi.

Un de mes enfoirés de potes s'est foutu de la gueule de mes lèvres (celles de la bouche, NDRL, je sais que je suis hypra chaude enceinte m'enfin je sais me tenir quand même quoi merde !) tant il les trouve...pulpeuses.

Il a pas dit ça comme ça hein, mais je reformule.

Il a dit qu'on dirait Michel Sardou.

Qui paraî-t-il s'est fait gonfler les lèvres...

 

J'ai fait des photos à 2 reprises, ces dernières semaines.

Dont des nus.

Jamais fait de photos de nu de ma vie, et alors que mon corps n'a jamais été si éloigné des standards auquels j'aspire bien malgré moi, j'ai laissé glisser mes vêtements avec une aisance déconcertante.

Je vois mes gros bras mous.

Je vois tout.

Ce n'est pas que j'ignore à quoi je ressemble.

Je le sais et je l'accepte.

Parce qu'être en forme(s) symbolise la bonne santé de ma fille, à mes yeux et à ceux des autres.

 

Et quand je revois les photos "d'avant", et que je me souviens de la longue liste de ce que je trouvais à redire à mon corps, je me dis qu'on perd bien du temps à se déprécier et à se trouver moche alors qu'on est juste l'inverse.

 

Bien que je ne compte pas garder les kilos accumulés, j'espère ne jamais oublier les riches enseignements de ma prise de volume, et avoir acquis une bonne fois pour toutes ce qu'on nous répète toute une vie sans JAMAIS qu'on veuille bien le croire:

On est belle juste parce qu'on se sent comme telle.

Bordel.

 

Et qu'est-ce qu'on se sent bien dans sa peau, quand on s'y autorise, tout simplement...

 

Et qu'on passe au 95D, accessoirement...

Et ne passe pas son temps à se frustrer sur tous les plans...

Et qu'on ne prive surtout, surtout pas de saucisses...

 

rougail-saucisses.jpg

 

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