Début du 7ème mois de grossesse, une rentrée professionnelle intense pour mieux passer le relais le moment venu, Homme qui a dû mal à intégrer que tout est plus difficile à accomplir quand on partage un corps à deux, et qui n'en fait donc pas plus que d'habitude, mes chéries à qui je pense mille fois par jour et que je mets 10 jours à réussir à appeler.

 

Mardi soir, une mauvaise nouvelle, un storiste sans scrupules qui a profité de mon surmenage et m'a gentillement arnaquée de 1500 euros, moi d'ordinaire si vigilante, méfiante, presque paranoïaque.

 

Une nuit blanche à ruminer, entre chagrin, colère et révolte.

Du coup, l'article d'hier séché, parce que j'avais trop le blues.

 

Alors, quand je suis partie le matin pour une réunion de rentrée où je savais que je n'avais rien à espérer, offrir ou revendiquer pour cause de presque congé maternité, et que j'ai senti un caillou dans ma chaussure, j'ai choisi de l'y laisser.

 

C'est vrai que mes pieds sont plus difficiles à atteindre qu'en temps normal, mais ce n'est pas pour ça.

 

C'est parce que je pense souvent à François, celui qui a fait office de grand-père pour moi pendant mes 12 premières années.

 

CAILLOU.jpg

 

François, il disait que quand on a mal aux pieds, on ne pense pas à ses soucis.

 

Je n'avais pas vraiment compris, petite, je trouvais ça a priori très con même.

 

Et puis hier matin, j'ai voulu essayer.

 

C'était un petit caillou de rien du tout, pas un qui fait mal, un juste assez gros pour capter mon attention, que je me demande à chaque pas s'il était plutôt vers mon talon ou sous un de mes orteils, autant de temps que je n'ai pas passé à ruminer.

 

Bon, cela dit, on peut dire que ça marche aussi avec un Polichinelle dans le tiroir, puisque ça appuie bien sur le plancher.

Ou ça que ça piétine la chatte, comme aiment à l'entendre les fans de mon âme de poète...

 

Résultat, tant que j'ai marché hier, tout allait bien, entre le caillou et ma fille en hamac sur mon périnée et ma vessie...

 

Moins quand j'étais assise à rédiger un recommandé, appeler mon avocat, prendre rendez-vous avec l'expert, et écouter en boucle les musiques d'attente à chier des uns et des autres, pendant que mon VRAI boulot, en stand by, prenait du retard.

 

Mais ça m'a donné du répit.

 

Alors voilà, pas de drame à l'horizon, mon article doit sembler un peu tristoune, peut-être que je ne devrais pas le relire, histoire de ne pas rajouter des smileys et des lol à gauche à droite et de le laisser authentique, mais maintenant ça va.

Tant que je me bats sans subir passivement, ça va.

 

Je suis loin d'être naïve, mais je suis toujours abasourdie de constater à quel point des gens sont capables de se donner beaucoup de mal pour en couler d'autres, tout en semblant ne pas avoir de scrupules, de remords.

Y compris à l'encontre d'une jeune femme bien enceinte qui l'accueille chez elle avec café et grand sourire.

D'être de vrais connards quoi.

Le connard total me fascine.

Ca me serre le bide, tant je réalise que je ne pourrais pas protéger mon bébé de TOUT, quand elle grandira, quand elle sera grande.

 

Ca me fait penser qu'il faut que j'arrive à lui transmettre mon amour pour la vie et pour mes autres, tout en éveillant sa conscience à la dureté du monde.

Que je lui épargne de vivre comme moi dans une bulle toute rose jusqu'au choc de la réalité.

 

Ou alors, je mettrais des tout-petits cailloux dans ses chaussures.

Et une grosse kalachnikov dans son cartable...

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