Les premières heures, je me suis dit que je n'en parlerai pas ici, ou pas avant longtemps.

Et puis quelques jours ont passé, et j'ai vite eu l'impression de mentir en ne le disant pas.

Cela a l'air soudain, car je n'ai pas évoqué nos difficultés ici, à peine sous-entendues.

Il me semblait que les reconnaître, c'était capituler.

Et puis moi-même, je me racontais que ça finirait par s'arranger.

Ce n'est pas soudain.

Nous avons essayé.

Il n'y a que ceux qui n'essayent pas qui échouent vraiment.

Ce n'est pas si triste.

Bien sûr, cela est aussi triste. Mais pas que.

Cest surtout un nouveau départ.

Le père de ma fille et moi nous ne vivons plus ensemble.

J'aimerai toujours le père de ma fille, il est et sera toujours de ma famille.

Il sera toujours celui avec qui j'ai conçu cette enfant plus merveilleuse que dans tous mes rêves de grossesse.

Nous serons toujours une famille, nous ne sommes juste plus un couple.

Nous sommes unis pour elle, et c'est cela qui compte.

Je n'écris pas ce billet pour lire des "Oh, ma pauvre, non, pas vous, c'est horrible".

Surtout pas non, merci.Vraiment.

Je ne veux tellement pas de ce sentiment affligé, de cette pitié que j'avoue avec honte avoir ressentie pour d'autres auparavant, avec la peur d'en être un jour.

J'écris ce billet pour ne plus lire des "Il va être content Père Bordel !" quand je publie des photos de mon décolleté sur Instagram.

Des "Waouh il a l'air canon !" quand passe une photo de nos pieds (en plus, moi aussi j'ai de beaux pieds, merde !)

J'écris ce billet pour ne pas devoir me retenir de dire la vérité quand on me demande, si souvent, si le deuxième n'est pas en route.

J'écris ce billet pour acter ce nouveau départ, pour qu'il soit dit, pour le faire exister pour de bon, partout.

Pour tuer le tabou.

J'écris ce billet pour que certains proches à qui je n'ai pas trouvé de façon de le dire sans que cela sonne atrocement pathétique puissent le lire et choisir de croiser mon chemin un peu plus souvent que d'habitude.

Pour que ceux avec qui je travaille le lisent ici parce que je n'ai pas réussi à le leur dire.

J'écris ce billet pour dire que notre amour ne disparaît pas, il prend juste un autre chemin, une autre voie, une autre forme.

Tout le reste nous regarde, lui et moi, elle un peu.

C'est notre histoire.

J'écris ce billet pour dire que je pense que le bonheur, c'est un long chemin pavé de choix difficiles, mais qu'on ne peut pas se tromper quand on regarde la vérité en face et sous toutes ses coutures, qu'on l'accepte avec bienveillance et sérénité.

J'écris ce billet et les larmes roulent sur mes joues, de tristesse pour l'oeil droit, de soulagement et de vision d'un avenir meilleur pour l'oeil gauche.

J'écris ce billet parce que si je ne parle pas de cela ici, j'aurais l'impression d'être une imposteuse à chaque fois que quelqu'un évoquera "mon homme".

Personne n'appartient jamais à personne, et nous l'oublions parfois.

Nous l'oublions souvent.

J'écris pour donner le déclic à ceux qui hésitent à franchir le cap, pour être aux côtés de ceux qui ont déjà traversé cela.

J'écris comme autant de cailloux que je sème sur mon chemin depuis 3 ans, pour ne pas perdre la trace de la route parcourue, pour m'en souvenir et en être fière.

J'écris parce que je repars à la rencontre de moi-même, parce que je suis en route vers moi, que j'aurais sûrement envie d'écrire sur cela dans les mois à venir, et je ne veux pas devoir m'en priver.

Je ne veux pas avoir honte, lorsque j'avancerai, de vivre une nouvelle vie, de sortir un peu plus, de retrouver ma fantaisie un peu ensevelie.

J'écris parce que je trouve qu'il n'y a rien qui fasse plus de mal aux gens que de cultiver une image de bonheur conjugal parfait quand ce n'est pas le cas, et que je me fous de donner du grain à moudre aux vipères du web et d'ailleurs.

Je ne suis pas en colère, je n'ai pas de rancoeur.

Je n'ai pas le temps de m'embarrasser d'émotions qui détruisent, ce n'est pas cela que je veux pour ma famille.

 

Je suis une piñata avec plein de choses jolies, colorées et gourmandes qui tombent une fois le coup de massue passé, et c'est cela que je veux garder, consciente qu'il faudra passer quelques moments moins roses que d'autres.

Mais qui peut prétendre vivre dans une félicité parfaite en permanence ?

Personne, et surtout pas moi.

C'est aussi cela qui fait que la route est belle, et qui rend si précieux les instants de bonheur durement acquis.

Être heureux, c'est un travail exigeant, mais ça ne me fait pas peur, je suis définitvement une bosseuse.

 

 

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