Des cadeaux de l'au-delà.

Choisir sa tenue, les bijoux qu'elle portera.

Préparer des lits pour la famille qui sera bientôt là.

Retrouver de vieilles photos.

Répondre aux questions qu'on ne s'est pas encore posées.

Essayer de n'oublier de prévenir personne.

Réaliser qu'on a évidemment oublié d'en prévenir certains, qui ne manqueront probablement pas de s'en offusquer, comme si l'ordre d'annonce d'un décès était révélateur d'un quelconque prestige social ou du contraire.

Répondre au téléphone, aux mails, aux SMS.

Préparer la cérémonie.

Commencer à écrire dans sa tête.

Décider.

Avoir tellement de décisions à prendre, tous ensemble, épuisés, tendus, au point qu'on ne voudrait même plus avoir à choisir entre thé et café.

Trouver dans un placard des cadeaux qu'elle avait achetés pour son unique petite-fille.

Se dire qu'on va les garder pour une occasion spéciale, comme des cadeaux de l'au-delà.

Porter son alliance.

Laisser l'enfant choisir un de ses foulards.

S'engueuler.

Se réconcilier.

Fondre en larmes.

Avoir un fou rire la seconde d'après.

Être dans cette maison sans elle, et s'attendre à la voir surgir de la pièce voisine à chaque instant.

Sentir sa présence enveloppante, rassurante, aimante à chaque instant.

Lui parler, lui sourire.

Avancer.

C'est comme avoir basculé dans un monde parallèle, avoir emménagé dans la 4ème dimension.

C'est bien la preuve absolue que nos amours ne disparaissent pas après la mort : sinon, comment aurait-on la force et le talent de gérer toute cette absurdité la tête haute, sans s'écrouler ?

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